mercredi 3 mars 2010

Plaquette des 25 ans d'échanges











A L'ORIGINE, DES ECHANGES SCOLAIRES

- 1984. Voyage d’une enseignante de Créon au Burkina Faso, invitée par des amis coopérants.
- 1985. Exposition à la Mairie de Créon d’objets de l’artisanat burkinabé par l’association Ouaga-Bordeaux-Partage de Tresses. Découverte concrète de créations de qualité.
- 1985-2001. A Créon, des enseignants, des écoliers et des parents créent des liens avec le jeune collège de Saponé : lettres, photos, colis. Création d’un club « Echanges avec Saponé », section du Foyer Socio-éducatif du collège.
- 1987. Première délégation du collège de Créon vers Saponé. Soutien de la mairie de Créon.
- 1989. Accueil dans des familles d’une délégation du collège de Saponé. Regards croisés sur des écoles qui s’engagent dans un partenariat.
- 1987-2002. Seize marches de solidarité en octobre ; des kilomètres sur les routes de l’Entre-Deux-Mers. Animation à Créon : théâtre, danses, musique, restauration ; soutien des commerçants.
- Soutien à l’équipement du collège de Saponé en réponse à nos questionnements : station météo, bibliothèque, matériel scientifique, géographique. Coup de pouce à un forage, à la cantine, à l’équipement d’un dortoir de 32 lits, à un laboratoire.
- 1991-1992. Achat, réparation et envoi d’un véhicule utilitaire (Peugeot Bâché) par le collège de Créon vers le collège départemental de Saponé.
- 1995. Rencontre de jeunes agriculteurs à Koagma, (village voisin de Saponé) qui donnent des cours du soir après jardinage et élevage. Soutien financier pour faciliter la construction d’une classe équipée, d’une porcherie et d’un poulailler.
- 2004-2010. Des échanges continuent entre des enseignants de collèges et de lycées, entre des anciens élèves du collège de Créon et des parents d’élèves.

Ces échanges s’orientent aussi vers les jeunes non-scolarisés, les femmes de Saponé et d’autres jeunes de villages environnants. Ces actions sont menées par le même groupe formé autour d’échanges scolaires.


DES ECHANGES ASSOCIATIFS

2001. Création de l’association « Saponé 33 ». Ses buts resteront inchangés jusqu’à la réalisation complète de son projet en 2010. Plus de 120 adhérents soutiendront ses actions.
- 2002. Subventions et accompagnements pour un forage à Saponé, l’eau potable étant la priorité.
-2003-2007. Construction par un entrepreneur villageois du Centre Culturel polyvalent.
Equipement de la cuisine et des chambres. Equipement et formation d’un groupe féminin en savonnerie. Mise en place d’une bibliothèque de quartier. Plantations.
-2008-2010. Essai de gestion de l’hébergement et de la restauration. Premiers micro-crédits Electrification du Centre.
Soutien à la jeune municipalité de Saponé. Accueil des partenaires africains.

Nos remerciements vont à tous ceux qui, au cours de ces vingt-cinq ans, ont favorisé des rencontres interculturelles riches en projets de développement personnels ou collectifs.
Nous y associons les communes voisines de Créon, les écoles et leurs enseignants, les parents et les sympathisants, les acteurs au long cours de cette belle entreprise.
L’écoute et la palabre à l’africaine ont transformé notre vision des réalités burkinabé et calmé nos impatiences. Nous avons reçu de nos partenaires, sans qu’ils s’en doutent, des leçons de vie positives.


Aux sources
de ces 25 ans d’échanges


C’était à Noël 1984. Le Burkina Faso sous Sankara. Une invitation à Ouagadougou. Première équipée vers le nord-ouest, Djibo, les monts de Hombori, le Mali, la route de Tombouctou-Bamako en construction, Mopti sur les rives du fleuve Niger, la mosquée de Djenné. Une population à peine entrevue, des réalités confuses…Un retour précipité. Ce qu’il fallait de frustration pour avoir envie d’y revenir et d’approcher des populations à l’énergie tranquille malgré les grandes difficultés quotidiennes.

Mai 1985. L’opportunité d’une exposition à la mairie relance le goût pour cette Afrique grâce aux visites accompagnées que des enseignants effectuent avec quelques groupes d’élèves aux interclasses : échanges autour de couleurs, de savoir-faire.
Des contacts sont pris avec un petit collège burkinabé par l’intermédiaire d’une inspectrice en stage à l’Ecole Internationale, alors à Talence.

Octobre 1985. Des enseignantes envoient un courrier vers ce collège rural de Saponé, situé à 40 kilomètres de pistes de la capitale Ouagadougou. Elles étaient trois au départ à s’être concertées pour proposer une correspondance capable de motiver leurs élèves à écrire. Elles étaient donc demandeurs d’aide à l’Afrique rurale. En novembre arriva une réponse du directeur de ce collège en construction qui ne comportait alors que 2 classes de sixième.
Dans l’enthousiasme d’une envie d’écrire enfin trouvée, trois paquets de lettres partaient le 13 décembre pour Saponé. La correspondance scolaire allait être la première marche d’un escalier ouvrant sur des étages imprévus. Pour fonctionner, les épistoliers se cotisaient en fonction du poids du courrier envoyé après accord des familles.

Au premier trimestre 1986, une section s’ajoutait au Foyer socio-éducatif du collège et prenait le nom d’ « Echanges avec Saponé ». Le Foyer allouait une subvention de démarrage, ce qui permettait des animations, dont la location de cassettes vidéo et la participation à des manifestations. Deux ont particulièrement marqué cette année-là : celle du 1er mai à Ambarès, dite journée Tiers Monde et celle du 16 juin au Parc Bordelais pour la fête des Pupilles.

1987 s’annonçait comme l’année de découverte de réalités pour tous.
En mars, un week-end de stage animé par l’association SILO se tenait au collège. Le but était de s’initier à l’interculturel par des jeux de simulation.

Un dossier PAE (projet d’action éducative) était déposé au Rectorat dans le cadre des activités scolaires sur le thème de la solidarité avec des collégiens africains.
En même temps se préparait un voyage d’une petite délégation du collège, constituée de jeunes du club, d’enseignants et de parents. La mairie de Créon s’engageait à apporter un soutien financier pour les déplacements des élèves. Notons que les adultes ont toujours pris en charge leurs déplacements et leurs frais de séjour.
En juin, le club organisait un concours extra scolaire pour désigner les élèves partant en Afrique. Un total de 500 points portait sur des connaissances (le Burkina Faso), sur la correspondance, sur l’assiduité et la participation active au club et aussi sur les qualités humaines développées au cours de ces activités… Quatre bourses étaient offertes.

Les voyages de découverte

Cinq voyages furent ainsi mis sur pied entre 1987 et 2004.
52 voyageurs dont 22 jeunes ont séjourné à Saponé.
Voyage de 1987
Jeunes : Lachaume Dany, Minvielle Karine, Rouzeau Philippe, Ricaud Catherine (empêchée au dernier moment)
Accompagnateurs : Daunas Sylvie, Augustin Monique, Marette Christian, Trembley Jacques, Augustin Nita . But : découvrir la vie au quotidien dans le village de nos correspondants burkinabè.
Voyage de 1991
Jeunes : Coste Sandra, Gerbaux Martin, Magué Rudy, Ministral Jean-Marie.
Accompagnateurs : Aubry Patrick, Augustin Jean-Pierre, Magué Marylène, Fonsegrive Michèle, Trembley Jacques, Augustin Nita. But : rapporter des images de qualité et originales sur la vie culturelle. Soutien de l’IUT Montaigne de Bordeaux pour un film et un ouvrage CNRS sur Saponé.
Voyage de 1996
Jeunes : Avinen Lisbeth, Dubrana Marie, Augustin Laurie, Faggiani Pierre-Jean, Joseleau François, Rostein Cedric , Bazin Julien.
Accompagnateurs : Fernandez Katia, Lassalle Christiane, Bellouguet Nicole, Faggiani Patrick, Jaubert Marc, Trembley Jacques, Augustin Nita. But : recueillir des contes et se procurer des éléments pour une école d’handicapés visuels de Toulouse avec lesquels nous échangeons depuis une année.
Voyage de 2000
Jeunes : Galiana Caroline, Irhir Naoelle, ombard Virginie, Avinen Vital.
Accompagnateurs : Lombard Florence, Galiana Agnès, Irhir Catherine, Bellouguet Nicole, Trembley Jacques , Augustin Nita . But : filmer le village et les paysages du sud du Burkina.
Voyage 2004
Jeunes : Galiana Florent, Leclech Simon, Buijtenhuijs Léa.
Accompagnateurs : Galiana Agnès, Quittat Marie-France, Larrouquey Jacqueline, Trembley Jacques Augustin Nita. But : le village 20 ans après, le Centre et ses rapports avec le lycée départemental.

FINANCEMENT

Des actions, des contacts ici :
-16 Marches de la Solidarité, de 1987 à 2002
- Soutien de la Mairie
-Soutien du Foyer socio-éducatif
-Soutien du Rectorat (PAE)
-Soutien des familles qui apportent un complément pour leurs enfants voyageurs
- Et soutien des commerçants créonnais.

Les Marches d’octobre, en faisant participer élèves, parents, enseignants et population, ont permis de récolter plus de 15000 euros, et de financer :
-les voyages d’élèves (ceux de Créon et ceux de Saponé),
-l’équipement du collège jumelé de Saponé (bibliothèque, forage, lits du dortoir, matériel scientifique, station météo, matériel sportif, plantations après incendie dans les espaces ouverts du collège).
-l’achat, la remise en état, le remplissage et l’acheminement d’un Peugeot bâché.
-l’achat d’un groupe électrogène pour l’éclairage des cours du soir dans l’attente du raccordement au réseau électrique.
-les projets des jeunes agriculteurs de Koagma : cours du soir, agriculture et élevage.



Les échanges scolaires

Une correspondance
-Elle est mise en œuvre au collège de Créon par les enseignants de français en 6èmeet par ceux de géographie en 5ème, en accord avec les programmes officiels.
-Ensuite, les élèves sensibilisés poursuivent, seuls ou accompagnés, leur correspondance qui prend alors la forme de lettre-vidéo, d’échanges d’objets, de dessins, de photos…

Un club, section du foyer socio-éducatif
Il organise des manifestations :
-en octobre : la marche des collégiens
-en décembre : une exposition sur l’Afrique, avec un concours ouvert aux élèves de sixième.
-en mars, journée ou soirée autour de l’Afrique et du Burkina en particulier : contes dits dans des bibliothèques (Sadirac) ou des maisons de retraite Créon), soirées pour les parents au collège ;
-lotos avec l’aide de sympathisants (à Salleboeuf et à Créon)
-en mai, petit marché africain dans la cour du collège pour la fête des Mères.
Le club se réunit une fois par semaine pour aborder une connaissance concrète sur le Burkina Faso (paludisme, coton…) et préparer exposition ou voyage
-en décembre, tous les 2 ans, départ ou accueil de voyageurs représentant leur établissement.

Des questionnements

Laissons la parole à quelques jeunes voyageurs du canton de Créon :
-J’ai vu travailler des artisans à Ouaga. J’ai compris la technique du batik et celle du bronze. Ce sont des pièces uniques qui nécessitent plusieurs interventions. C’est long, minutieux. Je regarde autrement ces objets maintenant.
-Ils choisissent d’acheter un téléphone portable avant la nourriture ou la moustiquaire ; mais eux, ils n’ont ni la sécurité sociale ni les restos du cœur, alors c’est grave…
-Chez mon correspondant, j’ai vu sa sœur faire cuire le tô et sa mère préparer le dolo. La cuisson se fait entre trois pierres ; il faut aller chercher le bois loin et c’est fatigant. Ils sont vraiment courageux.
-La première nuit à Ouaga, il y avait des cafards partout, aux WC et sur nos sacs. Pourtant, la maison était carrelée et propre…
-Au retour, pour faire un montage des photos, j’ai passé une après-midi avec notre accompagnateur vidéo. C’était super ! Mais eux, ils n’ont pas ce matériel…
-Un soir, nous avons vu des feux de brousse pas très loin du village. On nous a dit que c’était interdit. Alors, pourquoi en font-ils encore ?
- A Sabou, ils jettent des poulets vivants dans la gueule des crocodiles pour qu’ensuite on puisse monter sur leur dos pour la photographie. C’est cruel et inutile…
-C’était bien parce qu’il n’y avait pas les parents. On allait chercher l’eau au forage la nuit. Au retour, on ne retrouvait pas tout de suite le chemin parce qu’il faisait nuit noire et qu’il n’y avait aucun éclairage.


Et à ceux de Saponé :
-A la bibliothèque, on a vu « Germinal » en vidéo. On a bien rigolé quand on a vu des blancs tout nus qui se lavaient dans une grande bassine. Ils avaient la figure noire de charbon.
-J’ai eu un coup de main pour…les études, la réparation de la bicyclette, mon mur de banco, l’ordonnance du médecin…
-On est frustrés : nous, nous ne pourrons pas voyager. On n’a pas l’argent.
-On veut tous un correspondant, mais on ne sait pas quoi écrire.
-Avec la formation en savon, on a appris beaucoup de choses ensemble. Mais ça ne rapporte pas car le beurre de karité est cher. Il faudrait le préparer soi-même, et c’est très dur. C’est pour ça que beaucoup de femmes ont abandonné.
-J’ai un travail toutes les nuits de l’année. Mais je ne suis pas payé régulièrement…
Les échanges associatifs

Une suite logique
Les séjours près des scolarisés de cette petite commune rurale ont permis de circuler accompagnés entre les concessions et de visiter les familles des correspondants. Ce faisant, nous avons approché les réalités des non-scolarisés, parents, frères et sœurs, voisins…Nous avons vu les longues attentes près des puits et des forages, le pilage matinal des grains, le transport de lourds fagots pour la cuisine, les femmes au marché, cuisinant à même le sol, le dernier né posé près d’elles…autant d’activités qui ont fait naître l’idée de s’intéresser à une grande majorité de la population, celle qui ne parle pas français, mais moré, celle qui peine pour que quelques uns de leurs enfants soient inscrits au lycée.
Une équipe soudée
L’animatrice principale des échanges scolaires, devenue retraitée, s’est tout naturellement tournée vers un projet associatif, accompagnée par ceux qui avaient séjourné à Saponé, soit une trentaine de sympathisants.
L’association « SAPONE33 » est créée en Juin 2001

L’appui éphémère d’une association locale girondine
Le responsable en était un parent d’élève, et il nous proposait un accompagnement pour un chantier de jeunes franco-burkinabé au village. Il avait déjà monté des actions dans le bâtiment avec son association et nous avons partagé pendant un an le rêve d’un centre pour des jeunes en formation, ici et là-bas.
Hélas ! Peu après, cette association déposait son bilan et disparaissait. Mais la ligne était tracée et les marcheurs français avaient en main leur feuille de route.
Des entrepreneurs villageois sollicités
Les premiers plans se sont succédé, reposant sur le savoir d’entrepreneurs villageois au Burkina dont un jeune entrepreneur correspondant d’une des collégiennes du premier séjour de 1987. Après 5 mois de concertations multiples, un plan provisoire était dressé comportant ateliers, dortoirs, sanitaires et apatam. La question de l’eau restait posée.
Recherche d’un terrain
Dans le même temps, nos connaissances à Saponé cherchaient un terrain susceptible d’accueillir les futurs bâtiments. La recherche d’un forage possible nous éloigna d’un premier espace dit « réserve administrative » sur le cadastre, et c’est finalement à l’entrée du village, dans le quartier dit « des étrangers » (les non-natifs) qu’un terrain de 3000m2 dit « espace vert » sur le cadastre fut retenu. Nous le devions à l’intervention du chef de village auprès du préfet (qui se trouvait être une femme) avec qui nous signerons une entente entre les deux communes, Saponé et Créon.
Recherche de financements et soutien de « mécènes » avertis
Nos activités créonnaises réservaient une part de leurs gains pour financer ce projet.
Des dossiers de subvention étaient en préparation.
Mais c’est essentiellement l’appui éclairé des maires de Créon qui a soutenu les acteurs associatifs.

Des partenaires qui bâtissent et gèrent

1. Un forage, sa pompe et une margelle
Notre projet était de faire appel à des entreprises burkinabè et à un comité de gestion local.

- Premier choix : l’OCADES de Ouagadougou
Nous démarchons, en mars 2002 auprès d’entrepreneurs burkinabé. Une rencontre et des échanges par mails aboutiront à un échec car les devis sont sans garantie et tout forage négatif est facturé au prix fort, sans assurance de réussite.
Une réunion à la mairie de Créon en avril 2002 permet de présenter le projet de forage pour un devis global de 5420 euros (sans compter l’étude géophysique et les forages négatifs).
Une subvention exceptionnelle va nous permettre de poursuivre ce projet de forage et de commencer la première tranche des travaux de construction.
Tous les partenaires se mobilisent : marches, marchés, loto, expositions.
Une demande est adressée au président du Conseil Général pour un soutien financier le 29 avril.
Une aide inattendue est apportée par un collectif soutenu par un ancien élève de Créon et offre un chèque de 450 euros le 6 mai 2002.

- Deuxième intervenant : le BESER de Ouagadougou
Devant le coût élevé des travaux de forage, nos partenaires choisissent de faire appel à une autre entreprise qui travaille sur un village voisin : le Beser, dont le siège social et les bureaux sont à Ouagadougou. Des études géophysiques sont faites sur la parcelle en juillet et les travaux de forage sont réalisés en août en plein hivernage (saison des pluies). Cette société accepte de ne pas facturer les forages inefficaces ; il y en aura 5 avant de trouver l’eau à 38 mètres de profondeur pour un débit de 3,5 m3/heure.

- Troisième intervenant : l’association Aquassistance de la Lyonnaise des Eaux.
Une subvention est accordée à notre association pour l’installation d’une pompe et la construction d’une margelle. Tout sera terminé en décembre.

-Vers une gestion du forage
A l’occasion de l’inauguration de la pompe en décembre, une étude est présentée menée par des partenaires associatifs faisant état du nombre de forages construits dans ce village (9) dont 5 sont en panne faute de suivi. La nécessité d’un comité de gestion capable de sensibiliser les utilisateurs à une participation financière modique est annoncée. Payer l’eau n’est pas dans les habitudes culturelles, mais comment entretenir la pompe ou le forage en cas de panne ? La question des techniciens locaux capables d’assurer l’entretien des pompes du village est aussi posée.

2. Les travaux de construction du local d’hébergement dit « Bienvenus »
Nos partenaires choisissent un autre entrepreneur que celui pressenti par nous en 2001. C’est un entrepreneur local qui a aussi un atelier à Ouagadougou.
L’année 2003 est consacrée à la fabrication des briques, au creusement des fondations, à la réalisation de la chape, des murs porteurs de la charpente et du tôlage des 6 chambres, de leur salle d’eau et de la salle commune.
En 2004, les travaux continuent à Saponé, menés par une équipe d’ouvriers villageois guidés par le même « tâcheron » expérimenté. Ainsi sont réalisés : le plafonnage des chambres, la construction de sanitaires extérieurs, une cuisine séparée, une clôture fermée par trois portails. Le tout pour un total de 10000 euros.
Un partenaire pépiniériste se charge des premières plantations dans la cour du centre d’hébergement.
« Bienvenus » est équipé en lits, matelas, moustiquaires, lampes tempêtes, chaises, tables, pour un total de 1800 euros à la demande écrite de nos partenaires.
L’équipement de la cuisine en marmites, casseroles, bassines, cuvettes, couverts, bouteille de gaz et glacières est réalisé pour 2600 euros selon leur devis.

3. Les débuts de la gestion de « Bienvenus »
L’année 2004 a vu aussi l’accompagnement de la gestion de ce centre par l’accueil de petits groupes de voyageurs, ce qui apporte quelques revenus aux partenaires. Ils peuvent ainsi assurer l’emploi d’un gardien de nuit au Centre.
La section « jeunesse » des partenaires a commencé ses activités de théâtre et de danses, révélant des qualités créatives et organisationnelles.
La bibliothèque-test s’est enrichie de livres et fonctionne à l’essai dans une pièce de l’annexe, dite « Maison Bleue », réservée aux partenaires français qui l’ont financée personnellement.
Le forage et sa pompe ont été révisés par soufflage et changement de tuyaux dont le coût ne peut être assuré par nos partenaires. La gestion de la pompe est donc à nouveau revue.
Une délégation du collège de Créon est accueillie à Noël 2004.

4. Atelier et formation
A L'ORIGINE, DES ECHANGES SCOLAIRES

- 1984. Voyage d’une enseignante de Créon au Burkina Faso, invitée par des amis coopérants.
- 1985. Exposition à la Mairie de Créon d’objets de l’artisanat burkinabé par l’association Ouaga-Bordeaux-Partage de Tresses. Découverte concrète de créations de qualité.
- 1985-2001. A Créon, des enseignants, des écoliers et des parents créent des liens avec le jeune collège de Saponé : lettres, photos, colis. Création d’un club « Echanges avec Saponé », section du Foyer Socio-éducatif du collège.
- 1987. Première délégation du collège de Créon vers Saponé. Soutien de la mairie de Créon.
- 1989. Accueil dans des familles d’une délégation du collège de Saponé. Regards croisés sur des écoles qui s’engagent dans un partenariat.
- 1987-2002. Seize marches de solidarité en octobre ; des kilomètres sur les routes de l’Entre-Deux-Mers. Animation à Créon : théâtre, danses, musique, restauration ; soutien des commerçants.
- Soutien à l’équipement du collège de Saponé en réponse à nos questionnements : station météo, bibliothèque, matériel scientifique, géographique. Coup de pouce à un forage, à la cantine, à l’équipement d’un dortoir de 32 lits, à un laboratoire.
- 1991-1992. Achat, réparation et envoi d’un véhicule utilitaire (Peugeot Bâché) par le collège de Créon vers le collège départemental de Saponé.
- 1995. Rencontre de jeunes agriculteurs à Koagma, (village voisin de Saponé) qui donnent des cours du soir après jardinage et élevage. Soutien financier pour faciliter la construction d’une classe équipée, d’une porcherie et d’un poulailler.
- 2004-2010. Des échanges continuent entre des enseignants de collèges et de lycées, entre des anciens élèves du collège de Créon et des parents d’élèves.

Ces échanges s’orientent aussi vers les jeunes non-scolarisés, les femmes de Saponé et d’autres jeunes de villages environnants. Ces actions sont menées par le même groupe formé autour d’échanges scolaires.


DES ECHANGES ASSOCIATIFS

2001. Création de l’association « Saponé 33 ». Ses buts resteront inchangés jusqu’à la réalisation complète de son projet en 2010. Plus de 120 adhérents soutiendront ses actions.
- 2002. Subventions et accompagnements pour un forage à Saponé, l’eau potable étant la priorité.
-2003-2007. Construction par un entrepreneur villageois du Centre Culturel polyvalent.
Equipement de la cuisine et des chambres. Equipement et formation d’un groupe féminin en savonnerie. Mise en place d’une bibliothèque de quartier. Plantations.
-2008-2010. Essai de gestion de l’hébergement et de la restauration. Premiers micro-crédits Electrification du Centre.
Soutien à la jeune municipalité de Saponé. Accueil des partenaires africains.

Nos remerciements vont à tous ceux qui, au cours de ces vingt-cinq ans, ont favorisé des rencontres interculturelles riches en projets de développement personnels ou collectifs.
Nous y associons les communes voisines de Créon, les écoles et leurs enseignants, les parents et les sympathisants, les acteurs au long cours de cette belle entreprise.
L’écoute et la palabre à l’africaine ont transformé notre vision des réalités burkinabé et calmé nos impatiences. Nous avons reçu de nos partenaires, sans qu’ils s’en doutent, des leçons de vie positives.


Aux sources
de ces 25 ans d’échanges


C’était à Noël 1984. Le Burkina Faso sous Sankara. Une invitation à Ouagadougou. Première équipée vers le nord-ouest, Djibo, les monts de Hombori, le Mali, la route de Tombouctou-Bamako en construction, Mopti sur les rives du fleuve Niger, la mosquée de Djenné. Une population à peine entrevue, des réalités confuses…Un retour précipité. Ce qu’il fallait de frustration pour avoir envie d’y revenir et d’approcher des populations à l’énergie tranquille malgré les grandes difficultés quotidiennes.

Mai 1985. L’opportunité d’une exposition à la mairie relance le goût pour cette Afrique grâce aux visites accompagnées que des enseignants effectuent avec quelques groupes d’élèves aux interclasses : échanges autour de couleurs, de savoir-faire.
Des contacts sont pris avec un petit collège burkinabé par l’intermédiaire d’une inspectrice en stage à l’Ecole Internationale, alors à Talence.

Octobre 1985. Des enseignantes envoient un courrier vers ce collège rural de Saponé, situé à 40 kilomètres de pistes de la capitale Ouagadougou. Elles étaient trois au départ à s’être concertées pour proposer une correspondance capable de motiver leurs élèves à écrire. Elles étaient donc demandeurs d’aide à l’Afrique rurale. En novembre arriva une réponse du directeur de ce collège en construction qui ne comportait alors que 2 classes de sixième.
Dans l’enthousiasme d’une envie d’écrire enfin trouvée, trois paquets de lettres partaient le 13 décembre pour Saponé. La correspondance scolaire allait être la première marche d’un escalier ouvrant sur des étages imprévus. Pour fonctionner, les épistoliers se cotisaient en fonction du poids du courrier envoyé après accord des familles.

Au premier trimestre 1986, une section s’ajoutait au Foyer socio-éducatif du collège et prenait le nom d’ « Echanges avec Saponé ». Le Foyer allouait une subvention de démarrage, ce qui permettait des animations, dont la location de cassettes vidéo et la participation à des manifestations. Deux ont particulièrement marqué cette année-là : celle du 1er mai à Ambarès, dite journée Tiers Monde et celle du 16 juin au Parc Bordelais pour la fête des Pupilles.

1987 s’annonçait comme l’année de découverte de réalités pour tous.
En mars, un week-end de stage animé par l’association SILO se tenait au collège. Le but était de s’initier à l’interculturel par des jeux de simulation.

Un dossier PAE (projet d’action éducative) était déposé au Rectorat dans le cadre des activités scolaires sur le thème de la solidarité avec des collégiens africains.
En même temps se préparait un voyage d’une petite délégation du collège, constituée de jeunes du club, d’enseignants et de parents. La mairie de Créon s’engageait à apporter un soutien financier pour les déplacements des élèves. Notons que les adultes ont toujours pris en charge leurs déplacements et leurs frais de séjour.
En juin, le club organisait un concours extra scolaire pour désigner les élèves partant en Afrique. Un total de 500 points portait sur des connaissances (le Burkina Faso), sur la correspondance, sur l’assiduité et la participation active au club et aussi sur les qualités humaines développées au cours de ces activités… Quatre bourses étaient offertes.

Les voyages de découverte

Cinq voyages furent ainsi mis sur pied entre 1987 et 2004.
52 voyageurs dont 22 jeunes ont séjourné à Saponé.
Voyage de 1987
Jeunes : Lachaume Dany, Minvielle Karine, Rouzeau Philippe, Ricaud Catherine (empêchée au dernier moment)
Accompagnateurs : Daunas Sylvie, Augustin Monique, Marette Christian, Trembley Jacques, Augustin Nita . But : découvrir la vie au quotidien dans le village de nos correspondants burkinabè.
Voyage de 1991
Jeunes : Coste Sandra, Gerbaux Martin, Magué Rudy, Ministral Jean-Marie.
Accompagnateurs : Aubry Patrick, Augustin Jean-Pierre, Magué Marylène, Fonsegrive Michèle, Trembley Jacques, Augustin Nita. But : rapporter des images de qualité et originales sur la vie culturelle. Soutien de l’IUT Montaigne de Bordeaux pour un film et un ouvrage CNRS sur Saponé.
Voyage de 1996
Jeunes : Avinen Lisbeth, Dubrana Marie, Augustin Laurie, Faggiani Pierre-Jean, Joseleau François, Rostein Cedric , Bazin Julien.
Accompagnateurs : Fernandez Katia, Lassalle Christiane, Bellouguet Nicole, Faggiani Patrick, Jaubert Marc, Trembley Jacques, Augustin Nita. But : recueillir des contes et se procurer des éléments pour une école d’handicapés visuels de Toulouse avec lesquels nous échangeons depuis une année.
Voyage de 2000
Jeunes : Galiana Caroline, Irhir Naoelle, ombard Virginie, Avinen Vital.
Accompagnateurs : Lombard Florence, Galiana Agnès, Irhir Catherine, Bellouguet Nicole, Trembley Jacques , Augustin Nita . But : filmer le village et les paysages du sud du Burkina.
Voyage 2004
Jeunes : Galiana Florent, Leclech Simon, Buijtenhuijs Léa.
Accompagnateurs : Galiana Agnès, Quittat Marie-France, Larrouquey Jacqueline, Trembley Jacques Augustin Nita. But : le village 20 ans après, le Centre et ses rapports avec le lycée départemental.

FINANCEMENT

Des actions, des contacts ici :
-16 Marches de la Solidarité, de 1987 à 2002
- Soutien de la Mairie
-Soutien du Foyer socio-éducatif
-Soutien du Rectorat (PAE)
-Soutien des familles qui apportent un complément pour leurs enfants voyageurs
- Et soutien des commerçants créonnais.

Les Marches d’octobre, en faisant participer élèves, parents, enseignants et population, ont permis de récolter plus de 15000 euros, et de financer :
-les voyages d’élèves (ceux de Créon et ceux de Saponé),
-l’équipement du collège jumelé de Saponé (bibliothèque, forage, lits du dortoir, matériel scientifique, station météo, matériel sportif, plantations après incendie dans les espaces ouverts du collège).
-l’achat, la remise en état, le remplissage et l’acheminement d’un Peugeot bâché.
-l’achat d’un groupe électrogène pour l’éclairage des cours du soir dans l’attente du raccordement au réseau électrique.
-les projets des jeunes agriculteurs de Koagma : cours du soir, agriculture et élevage.



Les échanges scolaires

Une correspondance
-Elle est mise en œuvre au collège de Créon par les enseignants de français en 6èmeet par ceux de géographie en 5ème, en accord avec les programmes officiels.
-Ensuite, les élèves sensibilisés poursuivent, seuls ou accompagnés, leur correspondance qui prend alors la forme de lettre-vidéo, d’échanges d’objets, de dessins, de photos…

Un club, section du foyer socio-éducatif
Il organise des manifestations :
-en octobre : la marche des collégiens
-en décembre : une exposition sur l’Afrique, avec un concours ouvert aux élèves de sixième.
-en mars, journée ou soirée autour de l’Afrique et du Burkina en particulier : contes dits dans des bibliothèques (Sadirac) ou des maisons de retraite Créon), soirées pour les parents au collège ;
-lotos avec l’aide de sympathisants (à Salleboeuf et à Créon)
-en mai, petit marché africain dans la cour du collège pour la fête des Mères.
Le club se réunit une fois par semaine pour aborder une connaissance concrète sur le Burkina Faso (paludisme, coton…) et préparer exposition ou voyage
-en décembre, tous les 2 ans, départ ou accueil de voyageurs représentant leur établissement.

Des questionnements

Laissons la parole à quelques jeunes voyageurs du canton de Créon :
-J’ai vu travailler des artisans à Ouaga. J’ai compris la technique du batik et celle du bronze. Ce sont des pièces uniques qui nécessitent plusieurs interventions. C’est long, minutieux. Je regarde autrement ces objets maintenant.
-Ils choisissent d’acheter un téléphone portable avant la nourriture ou la moustiquaire ; mais eux, ils n’ont ni la sécurité sociale ni les restos du cœur, alors c’est grave…
-Chez mon correspondant, j’ai vu sa sœur faire cuire le tô et sa mère préparer le dolo. La cuisson se fait entre trois pierres ; il faut aller chercher le bois loin et c’est fatigant. Ils sont vraiment courageux.
-La première nuit à Ouaga, il y avait des cafards partout, aux WC et sur nos sacs. Pourtant, la maison était carrelée et propre…
-Au retour, pour faire un montage des photos, j’ai passé une après-midi avec notre accompagnateur vidéo. C’était super ! Mais eux, ils n’ont pas ce matériel…
-Un soir, nous avons vu des feux de brousse pas très loin du village. On nous a dit que c’était interdit. Alors, pourquoi en font-ils encore ?
- A Sabou, ils jettent des poulets vivants dans la gueule des crocodiles pour qu’ensuite on puisse monter sur leur dos pour la photographie. C’est cruel et inutile…
-C’était bien parce qu’il n’y avait pas les parents. On allait chercher l’eau au forage la nuit. Au retour, on ne retrouvait pas tout de suite le chemin parce qu’il faisait nuit noire et qu’il n’y avait aucun éclairage.

Et à ceux de Saponé :
-A la bibliothèque, on a vu « Germinal » en vidéo. On a bien rigolé quand on a vu des blancs tout nus qui se lavaient dans une grande bassine. Ils avaient la figure noire de charbon.
-J’ai eu un coup de main pour…les études, la réparation de la bicyclette, mon mur de banco, l’ordonnance du médecin…
-On est frustrés : nous, nous ne pourrons pas voyager. On n’a pas l’argent.
-On veut tous un correspondant, mais on ne sait pas quoi écrire.
-Avec la formation en savon, on a appris beaucoup de choses ensemble. Mais ça ne rapporte pas car le beurre de karité est cher. Il faudrait le préparer soi-même, et c’est très dur. C’est pour ça que beaucoup de femmes ont abandonné.
-J’ai un travail toutes les nuits de l’année. Mais je ne suis pas payé régulièrement…
Les échanges associatifs

Une suite logique
Les séjours près des scolarisés de cette petite commune rurale ont permis de circuler accompagnés entre les concessions et de visiter les familles des correspondants. Ce faisant, nous avons approché les réalités des non-scolarisés, parents, frères et sœurs, voisins…Nous avons vu les longues attentes près des puits et des forages, le pilage matinal des grains, le transport de lourds fagots pour la cuisine, les femmes au marché, cuisinant à même le sol, le dernier né posé près d’elles…autant d’activités qui ont fait naître l’idée de s’intéresser à une grande majorité de la population, celle qui ne parle pas français, mais moré, celle qui peine pour que quelques uns de leurs enfants soient inscrits au lycée.
Une équipe soudée
L’animatrice principale des échanges scolaires, devenue retraitée, s’est tout naturellement tournée vers un projet associatif, accompagnée par ceux qui avaient séjourné à Saponé, soit une trentaine de sympathisants.
L’association « SAPONE33 » est créée en Juin 2001

L’appui éphémère d’une association locale girondine
Le responsable en était un parent d’élève, et il nous proposait un accompagnement pour un chantier de jeunes franco-burkinabé au village. Il avait déjà monté des actions dans le bâtiment avec son association et nous avons partagé pendant un an le rêve d’un centre pour des jeunes en formation, ici et là-bas.
Hélas ! Peu après, cette association déposait son bilan et disparaissait. Mais la ligne était tracée et les marcheurs français avaient en main leur feuille de route.
Des entrepreneurs villageois sollicités
Les premiers plans se sont succédé, reposant sur le savoir d’entrepreneurs villageois au Burkina dont un jeune entrepreneur correspondant d’une des collégiennes du premier séjour de 1987. Après 5 mois de concertations multiples, un plan provisoire était dressé comportant ateliers, dortoirs, sanitaires et apatam. La question de l’eau restait posée.
Recherche d’un terrain
Dans le même temps, nos connaissances à Saponé cherchaient un terrain susceptible d’accueillir les futurs bâtiments. La recherche d’un forage possible nous éloigna d’un premier espace dit « réserve administrative » sur le cadastre, et c’est finalement à l’entrée du village, dans le quartier dit « des étrangers » (les non-natifs) qu’un terrain de 3000m2 dit « espace vert » sur le cadastre fut retenu. Nous le devions à l’intervention du chef de village auprès du préfet (qui se trouvait être une femme) avec qui nous signerons une entente entre les deux communes, Saponé et Créon.
Recherche de financements et soutien de « mécènes » avertis
Nos activités créonnaises réservaient une part de leurs gains pour financer ce projet.
Des dossiers de subvention étaient en préparation.
Mais c’est essentiellement l’appui éclairé des maires de Créon qui a soutenu les acteurs associatifs.
Des partenaires qui bâtissent et gèrent

1. Un forage, sa pompe et une margelle
Notre projet était de faire appel à des entreprises burkinabè et à un comité de gestion local.

- Premier choix : l’OCADES de Ouagadougou
Nous démarchons, en mars 2002 auprès d’entrepreneurs burkinabé. Une rencontre et des échanges par mails aboutiront à un échec car les devis sont sans garantie et tout forage négatif est facturé au prix fort, sans assurance de réussite.
Une réunion à la mairie de Créon en avril 2002 permet de présenter le projet de forage pour un devis global de 5420 euros (sans compter l’étude géophysique et les forages négatifs).
Une subvention exceptionnelle va nous permettre de poursuivre ce projet de forage et de commencer la première tranche des travaux de construction.
Tous les partenaires se mobilisent : marches, marchés, loto, expositions.
Une demande est adressée au président du Conseil Général pour un soutien financier le 29 avril.
Une aide inattendue est apportée par un collectif soutenu par un ancien élève de Créon et offre un chèque de 450 euros le 6 mai 2002.

- Deuxième intervenant : le BESER de Ouagadougou
Devant le coût élevé des travaux de forage, nos partenaires choisissent de faire appel à une autre entreprise qui travaille sur un village voisin : le Beser, dont le siège social et les bureaux sont à Ouagadougou. Des études géophysiques sont faites sur la parcelle en juillet et les travaux de forage sont réalisés en août en plein hivernage (saison des pluies). Cette société accepte de ne pas facturer les forages inefficaces ; il y en aura 5 avant de trouver l’eau à 38 mètres de profondeur pour un débit de 3,5 m3/heure.

- Troisième intervenant : l’association Aquassistance de la Lyonnaise des Eaux.
Une subvention est accordée à notre association pour l’installation d’une pompe et la construction d’une margelle. Tout sera terminé en décembre.
-Vers une gestion du forage
A l’occasion de l’inauguration de la pompe en décembre, une étude est présentée menée par des partenaires associatifs faisant état du nombre de forages construits dans ce village (9) dont 5 sont en panne faute de suivi. La nécessité d’un comité de gestion capable de sensibiliser les utilisateurs à une participation financière modique est annoncée. Payer l’eau n’est pas dans les habitudes culturelles, mais comment entretenir la pompe ou le forage en cas de panne ? La question des techniciens locaux capables d’assurer l’entretien des pompes du village est aussi posée.

2. Les travaux de construction du local d’hébergement dit « Bienvenus »
Nos partenaires choisissent un autre entrepreneur que celui pressenti par nous en 2001. C’est un entrepreneur local qui a aussi un atelier à Ouagadougou.
L’année 2003 est consacrée à la fabrication des briques, au creusement des fondations, à la réalisation de la chape, des murs porteurs de la charpente et du tôlage des 6 chambres, de leur salle d’eau et de la salle commune.
En 2004, les travaux continuent à Saponé, menés par une équipe d’ouvriers villageois guidés par le même « tâcheron » expérimenté. Ainsi sont réalisés : le plafonnage des chambres, la construction de sanitaires extérieurs, une cuisine séparée, une clôture fermée par trois portails. Le tout pour un total de 10000 euros.
Un partenaire pépiniériste se charge des premières plantations dans la cour du centre d’hébergement.
« Bienvenus » est équipé en lits, matelas, moustiquaires, lampes tempêtes, chaises, tables, pour un total de 1800 euros à la demande écrite de nos partenaires.
L’équipement de la cuisine en marmites, casseroles, bassines, cuvettes, couverts, bouteille de gaz et glacières est réalisé pour 2600 euros selon leur devis.

3. Les débuts de la gestion de « Bienvenus »
L’année 2004 a vu aussi l’accompagnement de la gestion de ce centre par l’accueil de petits groupes de voyageurs, ce qui apporte quelques revenus aux partenaires. Ils peuvent ainsi assurer l’emploi d’un gardien de nuit au Centre.
La section « jeunesse » des partenaires a commencé ses activités de théâtre et de danses, révélant des qualités créatives et organisationnelles.
La bibliothèque-test s’est enrichie de livres et fonctionne à l’essai dans une pièce de l’annexe, dite « Maison Bleue », réservée aux partenaires français qui l’ont financée personnellement.
Le forage et sa pompe ont été révisés par soufflage et changement de tuyaux dont le coût ne peut être assuré par nos partenaires. La gestion de la pompe est donc à nouveau revue.
Une délégation du collège de Créon est accueillie à Noël 2004.

4. Atelier et formation
Deux années seront nécessaires pour financer et construire les ateliers et les doter d’un équipement indispensable à des formations. Nos partenaires choisiront de commencer par la formation d’une dizaine de femmes en savonnerie. Ce sera une réussite aux dires de la formatrice. Les séjours des partenaires français seront l’occasion de participer à cette fabrication et de faire connaître des produits de qualité.
En février 2006, le maire de Créon séjourne à Saponé avec une équipe d’un lycée de Gironde. Leur participation aux activités du Centre et leurs constats seront déterminants pour l’avenir.
Avec le savon de Saponé, le commerce social et solidaire semble être en germe.
Mais l’acquisition des produits de base (noix de karité et leur transformation en beurre) sera une des raisons de l’abandon de cette production par six femmes. Quatre autres ne se sont pas « assises » et continuent à en fabriquer chez elles. La question de l’utilisation de l’atelier et celle de la dispersion du matériel acquis sont posées aux partenaires.

5. Le troisième bâtiment prévu et la clôture
C’est la dernière phase de construction : une salle polyvalente (réunions et/ou garderie), bureau du gestionnaire et local du gardien de nuit. L’ensemble forme un beau bâtiment en angle. Un devis pour la clôture générale du Centre, les portails nécessaires et la construction du kiosque central ou « apatam » est accepté après étude. Tout est terminé en 2008.
La gestion des activités de ce local démarre alors.
Dans un premier temps et dans l’attente d’activités prévues mais difficiles à mettre en œuvre (garderie ou classe enfantine ou alphabétisation), ce local est loué par nos partenaires à une famille comptant 9 jeunes filles scolarisées dans des établissements différents. Des questions d’horaires, d’hygiène, d’équipements et de non surveillance annulent cette location.
Les activités répondant à une nécessité sociale concertée sont à l’étude ainsi que la formation d’un gestionnaire.

6. Bibliothèque : réaménagement et gestion
Dans le même temps, la bibliothèque est déplacée et installée dans une grande salle proche de l’atelier. Un équipement en étagères est réalisé par un artisan du village. Après inventaire, les livres sont rangés selon une classification simple. Des stagiaires françaises y participent. Des lycéens bénévoles en assurent le fonctionnement et donnent satisfaction jusqu’à ce jour.
Cette bibliothèque compte près de mille ouvrages.et documents. Elle est fréquentée régulièrement par des très jeunes, mais aussi par des lycéens et leurs professeurs.
Des animations autour d’auteurs africains ont eu lieu ces deux dernières années. Elles sont gratuites, de qualité et suivies avec grand intérêt. Le fonctionnement de cette activité correspond le mieux au projet défini en 2001 : gratuité, bénévolat, laïcité et ouverture à tous.

7. Essais de micro-financements
Dès 2008, notre association répond à la demande de soutien d’un jeune animateur de Saponé. Ses besoins sont importants en matériel. Notre association négocie avec lui la possibilité d’un crédit sans intérêt. Un compte réservé aux crédits à venir est ouvert à Saponé et nos partenaires associatifs deviennent les intervenants sur place pour conseiller l’emprunteur et sensibiliser les futurs demandeurs.
En 2009, nous écoutons la demande d’une jeune couturière du village formée à Ouagadougou, désireuse de s’installer dans un local proche de la concession familiale et consciente de la nécessité d’un travail en équipe pour réussir. Les premiers remboursements de l’animateur devraient permettre le prêt pour la couturière.
Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes amenés entre partenaires à rencontrer ces jeunes, à écouter leur projet, leurs problèmes, puis à reformuler la notion de prêts remboursables. Ces échanges en 2010 aboutissent à une redéfinition faite en commun des prêts et des contrats.
Nous prenons conscience que tout projet doit être travaillé en partenariat avant de voir le jour et qu’il faut savoir être patient, ferme et déterminé à suivre l’évolution du projet défini en commun.

8. Valorisation de groupements ruraux
C’est celui de Koagma qui a fait l’objet de suivis depuis plus de dix ans. Les deux formateurs sont bénévoles. Ils possèdent un terrain de deux hectares, près du barrage, sur lequel ils ont en projet d’apprendre différentes pratiques agricoles rentables. Le groupement est composé de quatre femmes et de huit hommes. Après palabres, leurs besoins sur deux ans ont été définis (quelques nouvelles semences et engrais chimiques). Leur but est de mieux se nourrir et de vendre une partie de la production afin de faire face à d’autres dépenses (santé, école…).

9. Vers une gestion concertée
Ce village africain est devenu commune de plein exercice en 2007 : un maire et une équipe dans des bâtiments neufs à l’entrée de Saponé-Karkuidighin ; des manifestations citoyennes comme ces cent mariages civils groupés en janvier 2010 et un marché central en reconstruction après incendie, les toitures tôlées remplaçant les nattes tressées ; et le Centre Saponé 33 pris entre gestion privée efficace et gestion associative hésitante parce que récente et sans véritable expérience.
Chacun est conscient des besoins en formation d’une population qui n’est plus seulement rurale et agricole. La route goudronnée qui met Saponé à moins de trente minutes de la capitale Ouagadougou, l’arrivée de l’électricité, les débuts de la décentralisation, sont autant de facteurs, pour ne citer que ceux-là, qui transforment les hommes, créant de nouveaux besoins et faisant apparaître l’urgence de formations, plus particulièrement au niveau des jeunes et des femmes.
Seule la réflexion concertée entre partenaires de bonne volonté pourra nourrir un accompagnement durable et efficace

Pour aller plus loin dans un partenariat


Comment des membres de sociétés aussi différentes historiquement, culturellement, économiquement peuvent-elles échanger, se comprendre et bâtir un projet commun ?

1. Il est apparu au cours de ces vingt-cinq ans d’échanges que les apports étaient aussi enrichissants pour les jeunes et les adultes des deux communautés partenaires : on est loin d’un système d’aide simpliste à sens unique et nous pourrions citer combien d’engagements d’adultes, de choix de vie de jeunes ont été nourris par ces échanges.

2. Reste la question complexe du partenariat et de la gestion du Centre et de nos actions car le vécu de nos sociétés est très éloigné.
A Saponé, l’appartenance ethnique, la position dans le lignage, la place des femmes dans la société, l’ancienneté dans la commune, l’insertion professionnelle des jeunes, sont autant d’éléments qu’il conviendrait d’approfondir.
Nous poserons toutefois l’hypothèse d’une recomposition des pouvoirs traditionnels et d’un apprentissage à l’exercice des responsabilités associatives qui, comme en France, est utile à la démocratie locale.
Dans notre projet, la création d’un Centre Culturel Polyvalent cogéré dans un esprit de laïcité vise à favoriser plusieurs niveaux :
n celui de l’économie sociale avec l’aide aux jeunes et aux femmes par crédits remboursables ;
n celui de la diffusion du savoir dans le cadre de la francophonie avec la création d’une bibliothèque interactive et son animation par des jeunes bénévoles locaux ;
n celui de la formation à la gestion du Centre lui-même ;
n et enfin celui de soutien de projets au monde rural dans ses pratiques nouvelles, dont celui de Koagma.

3. Cette ambition partagée avec nos partenaires tente de s’inscrire dans un système d’action et de développement culturel jouant sur le triple registre de la régulation, de la promotion et de la valorisation sociale. Cette ambition participe à une arborescence associative qui modifie le paysage sociopolitique local et sa capacité à innover.
4. Rejoignez-nous sur notre blog :http://creon-sapone.blogspot.com


Deux années seront nécessaires pour financer et construire les ateliers et les doter d’un équipement indispensable à des formations. Nos partenaires choisiront de commencer par la formation d’une dizaine de femmes en savonnerie. Ce sera une réussite aux dires de la formatrice. Les séjours des partenaires français seront l’occasion de participer à cette fabrication et de faire connaître des produits de qualité.
En février 2006, le maire de Créon séjourne à Saponé avec une équipe d’un lycée de Gironde. Leur participation aux activités du Centre et leurs constats seront déterminants pour l’avenir.
Avec le savon de Saponé, le commerce social et solidaire semble être en germe.
Mais l’acquisition des produits de base (noix de karité et leur transformation en beurre) sera une des raisons de l’abandon de cette production par six femmes. Quatre autres ne se sont pas « assises » et continuent à en fabriquer chez elles. La question de l’utilisation de l’atelier et celle de la dispersion du matériel acquis sont posées aux partenaires.

5. Le troisième bâtiment prévu et la clôture
C’est la dernière phase de construction : une salle polyvalente (réunions et/ou garderie), bureau du gestionnaire et local du gardien de nuit. L’ensemble forme un beau bâtiment en angle. Un devis pour la clôture générale du Centre, les portails nécessaires et la construction du kiosque central ou « apatam » est accepté après étude. Tout est terminé en 2008.
La gestion des activités de ce local démarre alors.
Dans un premier temps et dans l’attente d’activités prévues mais difficiles à mettre en œuvre (garderie ou classe enfantine ou alphabétisation), ce local est loué par nos partenaires à une famille comptant 9 jeunes filles scolarisées dans des établissements différents. Des questions d’horaires, d’hygiène, d’équipements et de non surveillance annulent cette location.
Les activités répondant à une nécessité sociale concertée sont à l’étude ainsi que la formation d’un gestionnaire.

6. Bibliothèque : réaménagement et gestion
Dans le même temps, la bibliothèque est déplacée et installée dans une grande salle proche de l’atelier. Un équipement en étagères est réalisé par un artisan du village. Après inventaire, les livres sont rangés selon une classification simple. Des stagiaires françaises y participent. Des lycéens bénévoles en assurent le fonctionnement et donnent satisfaction jusqu’à ce jour.
Cette bibliothèque compte près de mille ouvrages.et documents. Elle est fréquentée régulièrement par des très jeunes, mais aussi par des lycéens et leurs professeurs.
Des animations autour d’auteurs africains ont eu lieu ces deux dernières années. Elles sont gratuites, de qualité et suivies avec grand intérêt. Le fonctionnement de cette activité correspond le mieux au projet défini en 2001 : gratuité, bénévolat, laïcité et ouverture à tous.

7. Essais de micro-financements
Dès 2008, notre association répond à la demande de soutien d’un jeune animateur de Saponé. Ses besoins sont importants en matériel. Notre association négocie avec lui la possibilité d’un crédit sans intérêt. Un compte réservé aux crédits à venir est ouvert à Saponé et nos partenaires associatifs deviennent les intervenants sur place pour conseiller l’emprunteur et sensibiliser les futurs demandeurs.
En 2009, nous écoutons la demande d’une jeune couturière du village formée à Ouagadougou, désireuse de s’installer dans un local proche de la concession familiale et consciente de la nécessité d’un travail en équipe pour réussir. Les premiers remboursements de l’animateur devraient permettre le prêt pour la couturière.
Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes amenés entre partenaires à rencontrer ces jeunes, à écouter leur projet, leurs problèmes, puis à reformuler la notion de prêts remboursables. Ces échanges en 2010 aboutissent à une redéfinition faite en commun des prêts et des contrats.
Nous prenons conscience que tout projet doit être travaillé en partenariat avant de voir le jour et qu’il faut savoir être patient, ferme et déterminé à suivre l’évolution du projet défini en commun.

8. Valorisation de groupements ruraux
C’est celui de Koagma qui a fait l’objet de suivis depuis plus de dix ans. Les deux formateurs sont bénévoles. Ils possèdent un terrain de deux hectares, près du barrage, sur lequel ils ont en projet d’apprendre différentes pratiques agricoles rentables. Le groupement est composé de quatre femmes et de huit hommes. Après palabres, leurs besoins sur deux ans ont été définis (quelques nouvelles semences et engrais chimiques). Leur but est de mieux se nourrir et de vendre une partie de la production afin de faire face à d’autres dépenses (santé, école…).

9. Vers une gestion concertée
Ce village africain est devenu commune de plein exercice en 2007 : un maire et une équipe dans des bâtiments neufs à l’entrée de Saponé-Karkuidighin ; des manifestations citoyennes comme ces cent mariages civils groupés en janvier 2010 et un marché central en reconstruction après incendie, les toitures tôlées remplaçant les nattes tressées ; et le Centre Saponé 33 pris entre gestion privée efficace et gestion associative hésitante parce que récente et sans véritable expérience.
Chacun est conscient des besoins en formation d’une population qui n’est plus seulement rurale et agricole. La route goudronnée qui met Saponé à moins de trente minutes de la capitale Ouagadougou, l’arrivée de l’électricité, les débuts de la décentralisation, sont autant de facteurs, pour ne citer que ceux-là, qui transforment les hommes, créant de nouveaux besoins et faisant apparaître l’urgence de formations, plus particulièrement au niveau des jeunes et des femmes.
Seule la réflexion concertée entre partenaires de bonne volonté pourra nourrir un accompagnement durable et efficace


Pour aller plus loin dans un partenariat


Comment des membres de sociétés aussi différentes historiquement, culturellement, économiquement peuvent-elles échanger, se comprendre et bâtir un projet commun ?

1. Il est apparu au cours de ces vingt-cinq ans d’échanges que les apports étaient aussi enrichissants pour les jeunes et les adultes des deux communautés partenaires : on est loin d’un système d’aide simpliste à sens unique et nous pourrions citer combien d’engagements d’adultes, de choix de vie de jeunes ont été nourris par ces échanges.

2. Reste la question complexe du partenariat et de la gestion du Centre et de nos actions car le vécu de nos sociétés est très éloigné.
A Saponé, l’appartenance ethnique, la position dans le lignage, la place des femmes dans la société, l’ancienneté dans la commune, l’insertion professionnelle des jeunes, sont autant d’éléments qu’il conviendrait d’approfondir.
Nous poserons toutefois l’hypothèse d’une recomposition des pouvoirs traditionnels et d’un apprentissage à l’exercice des responsabilités associatives qui, comme en France, est utile à la démocratie locale.
Dans notre projet, la création d’un Centre Culturel Polyvalent cogéré dans un esprit de laïcité vise à favoriser plusieurs niveaux :
 celui de l’économie sociale avec l’aide aux jeunes et aux femmes par crédits remboursables ;
 celui de la diffusion du savoir dans le cadre de la francophonie avec la création d’une bibliothèque interactive et son animation par des jeunes bénévoles locaux ;
 celui de la formation à la gestion du Centre lui-même ;
 et enfin celui de soutien de projets au monde rural dans ses pratiques nouvelles, dont celui de Koagma.

3. Cette ambition partagée avec nos partenaires tente de s’inscrire dans un système d’action et de développement culturel jouant sur le triple registre de la régulation, de la promotion et de la valorisation sociale. Cette ambition participe à une arborescence associative qui modifie le paysage sociopolitique local et sa capacité à innover.
4. Rejoignez-nous sur notre blog :http://creon-sapone.blogspot.com